HIBERNIAN F.C 1973-74.


HIBERNIAN F.C 1973-74

En haut : Robert Smith, Derek Spalding, Jim McArthur, Des Bremner, Jim O'Rourke.

Au milieu : Eddie Turnbull (manager), Wilson Humphries (coach), John Blackley, Alex McGregor, Tony Higgins, John Brownlie, Jim Black, John Fraser (ent. adj.), Bertie Auld (ent. adj.).

En bas : Alex Edwards, Eric Schlaeder, Iain Munro, Pat Stanton, Alan Gordon, Alec Cropley, Arthur Duncan, Tom McNiven (ent.).

FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. Alex Forsyth.


ALEX FORSYTH.
Pensionnaire des Red Devils de 1972 à 79, Alexander Forsyth – il préfère Alex – n'est pas vraiment un titulaire indispensable à Manchester United. Le défenseur écossais – dix sélections au comptoir, au compteur sorry, et une kyrielle de pintes pendant les rassemblements – formé puis viré par Arsenal au début de sa carrière, cire plus le banc qu'il ne jouit d'un temps de jeu conséquent. Alex profite alors d'une carence de convocation sur le pré pour écumer les pubs de la cité mancunienne, et noyer ses rouflaquettes et son chagrin dans l'alcool. C'est là, dans les salles enfumées, entre les happy hours et une partie de fléchettes, que le lad à gueule d'ange parfait sa culture musicale et son look de rockeur décadent. Avec son faux air de Dennis Lyxzén, Alex Forsyth est International (grâce à la Tartan Army), Noise (il fait du bruit en rotant ses bières), Conspiracy (à cause de son coach qui l'oublie trop souvent sur la feuille de match) et songe de plus en plus à sa reconversion post-football. Perdu pour les Rangers, qu'il fréquente épisodiquement de 1979 à 82, Forsyth s'imagine alors leader d'un combo à guitares rentre-dedans. Une manière d'exorciser la frustration accumulée au cours d'une carrière up and surtout down, et de prendre son pied à cracher sur le public sans risquer l'expulsion du terrain. Pour lui, la scène, quelque part, c'est le théâtre de ses rêves. Un peu comme un concert de FRUSTRATION, son groupe préféré improbable et le copié/collé frenchy post-punk de Joy Division.



MAILLOT DE LEGENDE. Manchester City.

Après le titre de champion (1968) et une F.A Cup (1969), les Citizens continuent de remplir la vitrine aux trophées en 1970. Cette année-là, Manchester City réalise en effet un doublé en remportant la League Cup, à Wembley, face à West Bromwich Albion (2-1), et en cognant les Polonais du Górnik Zabrze, au Prater de Vienne, en finale de la coupe des vainqueurs de coupes, sur un score identique. De quoi faire taire les sarcasmes du rival local - lequel se trouve sur la voie du déclin à l'aube des seventies - car à Manchester, on naît Citizen ou Red Devil. Une rivalité poussée à son extrême les jours de derby, où la rancune des supporters des deux équipes oblige parfois à faire le coup de poing. Une bataille rangée dans une ville divisée en deux, à l'Est les prolos de City et à l'Ouest, les nantis de Man U. Au début des années 70, le temps est au beau fixe du côté de la cité mancunienne. Un joli bleu ciel pour une ville plutôt habituée à la grisaille et/ou aux frasques de George Best. Or, les meilleurs à cette époque ont pour noms Colin Bell, Mike Summerbee ou encore Francis Lee.


MANCHESTER CITY 1969-70

En haut : Alan Oakes, Colin Bell, Mike Doyle, Glyn Pardoe, Tony Book.

Au milieu : Malcom Allison (ent. adj.), Arthur Mann, Tommy Booth, Joe Corrigan, Harry Dowd, George Heslop, Dave Ewing (ent.).

En bas : Ian Bowyer, Bobby Owen, Neil Young, Tony Coleman, Francis Lee, Mike Summerbee, Dave Connor.

Colin Bell et Francis Lee.

A.S MONACO 1973-74. By Ageducatifs.


A.S MONACO 1973-74

Debouts : Ruben Bravo (ent.), Claude Quittet, Jean-Louis Samuel, André Guesdon, Yvon Chomet, Yves Texier, Michel Odasso, Christian Montès.

Assis : Georges Prost, Christian Dalger, Jean Petit, Delio Onnis, Omar Pastorizza, Roberto Aníbal Tarabini.


MATCH REPLAY. Le jour où... Nice atomise Barcelone.

O.G.C NICE - Barcelone 1973
Debouts : Baratelli, Adams, Chorda, Grava, Isnard, Jouve.
Accroupis : Eriksson, van Dijk, Molitor, Huck, Loubet.

Ils sont à peine plus de seize à dix-sept mille spectateurs à s'être déplacés au stade du Ray, le 19 septembre 1973,  pour voir le grand Barça de Rinus Michels - le créateur du football total - au premier tour de la coupe UEFA. Le public boude peut-être un peu la présence de Johan Cruyff dans les tribunes. Ce dernier, qui vient de s'engager chez les Blaugranas pour un transfert record, n'est pas qualifié pour la rencontre. Le célèbre numéro 14 a cependant tenu à encourager ses partenaires opposés aux Aiglons, qui se sont préparés comme jamais (mise au vert à la montagne) pour affronter des Catalans naturellement favoris selon les pronostics.

Mais l'entraîneur niçois Jean Snella, qui n'est pas le dernier venu pour motiver ses troupes, a plus d'un tour dans son sac. Fin tacticien, l'ancien coach stéphanois a aussi misé sur le mental de ses joueurs. « Vous êtes à leur niveau. N'ayez pas peur » insiste-t-il auprès de ses hommes. A croire que le bonhomme sent qu'il peut se passer quelque chose, et pas seulement sur un malentendu.

L'OGC Nice attaque d'ailleurs la partie sur un rythme diabolique. Charly Loubet, sur l'aile droite, récupère à l'arrache un ballon dans les pieds de son adversaire direct. L'attaquant niçois parvient à centrer dans la surface. Sadurni, le gardien barcelonais, détourne le cuir à la va-comme-je-te-pousse dans les pieds de van Dijk. Le Néerlandais, ancien pensionnaire de l'Ajax, ne se fait pas prier pour catapulter le ballon au fond des filets catalans. Après cinq minutes de jeu, les Niçois viennent, déjà, de réaliser un petit exploit. Dans les gradins, Johan Cruyff commence à griller les cibiches comme à l'accoutumée. Peut-être un plus que d'habitude même, car les Aiglons font le pressing sur l'équipe de Rinus Michels. Par deux fois, Marco Molitor perd son duel avec Sadurni et manque l'occasion de doubler la mise. L'avant-centre international – il était notamment titulaire chez les Bleus (avec Baratelli, Adams et Jouve) dix jours plus tôt contre la Grèce (3-1) – attend son heure. Dirk van Dijk, sur un coup-franc du pied droit, inquiète aussi le portier adverse. Puis c'est le Suédois Eriksson qui manque le cadre d'un rien sur une frappe du gauche. Le Barça est pris à la gorge, celle de Cruyff brûle comme un poil, et réagit en de rares occasions. Marcial, d'un tir puissant, met Baratelli à l'épreuve, déjà décisif en début de match sur une tête d'un attaquant barcelonais. A la mi-temps, et c'est une surprise, les Aiglons virent en tête. Par contre, du côté catalan le doute s'installe à l'entame de la seconde période.

Une deuxième mi-temps qui débute sur une nouvelle offensive niçoise. Les Aiglons remportent la bataille du terrain. Barcelone ne joue presque pas. Sur un centre de van Dijk, Marco Molitor rate l'immanquable et sa tête à deux mètres du but adverse. Il attend son heure... qui arrive après l'heure jeu lorsque, lancé par Roger Jouve, il bat Sadurni d'une pichenette bien sentie. Nice réalise le break et profite du désarroi de son illustre sparring-partner. Les Aiglons se font bien une petite frayeur sur un tir de Matial détourné, et une boulette de Chorda dans la surface sans conséquence, ce sont eux qui assomment définitivement la rencontre, le Barça et son égo. Sur un coup-franc de Jean-Noël Huck, Molitor reprend de la tête et inscrit un doublé (79ème). C'est la fin. Nice tient son exploit et  le Barça repart du Ray avec une valise. Au retour, Barcelone ne parvient pas à remonter son retard (2-0) et est éliminé de la coupe UEFA dès son entrée en lice. Un guet-apens pour Johan Cruyff. Le Gym corrige Fenerbahçe au tour suivant (4-0 / 0-2) avant de prendre une belle fessée contre Cologne en huitième (1-0 / 0-4). Foutus allemands.

Molitor et van Dijk : les buteurs du matchs.

- LE MATCH EN VIDEO -


F.C METZ 1973-74. By Ageducatifs.


F.C METZ 1973-74

Debouts : Michel Baulier, Dominique Cuperly, Marc Rastoll, Fernand Jeitz, André Coustillet, Patrick Barth.

Accroupis : Bernard Blaut, Claude Petyt, Claude Hausknecht, André Tota, Nico Braun.


FINALE COUPE DES COUPES 1979. Barcelone vs Fortuna Düsseldorf.

- 16 mai 1979 -
St Jakob stadion. BÂLE. 58.000 spectateurs.
Barcelone bat Fortuna Düsseldorf : 4-3 a.p (2-2; 2-2).
Arbitre Mr Palotaï (Hongrie).
Buts : Sanchez (4ème), Asensi (34ème), Rexach (103ème), Krankl (110ème) pour Barcelone. T. Allofs (7ème), Seel (41ème et 114ème) pour Düsseldorf.
Remplacements : Albaladejo par De La Cruz (57ème), Costas par Martinez (68ème) à Barcelone. Brei par Weikl (24ème), Zimmermann par Lund (84ème) à Düsseldorf.
BARCELONE : Artola – Zuviria, Migueli, Costas, Albaladejo – Neeskens, Rexach, Sanchez – Krankl, Asensi, Carrasco. Entraîneur : Joaquim Rifé.
FORTUNA DÜSSELDORF : Daniel – Brei, Zewe, Zimmermann, Baltes – Köhnen, Schmitz, T. Allofs – Bommer, K. Allofs, Seel. Entraîneur : Hans-Dieter Tippenhauer.

Amitiés germano-catalanes.

Soutenus par 28.000 socios qui se sont déplacés à Bâle, le F.C Barcelone remporte la coupe des vainqueurs de coupe 79 au prix d'une bataille épique sur le pré du St Jakob stadion. Face au Fortuna Düsseldorf, les Blaugranas s'arrachent sur la pelouse pour conquérir son premier titre européen, au cours d'une finale à suspense, peut-être la plus belle depuis la création de la compétition en 1960. 

Avant d'arriver en Suisse, le Barça doit d'abord affronter le Shakhtar Donetsk au premier tour. Une mise en bouche pour les Blaugranas et son buteur autrichien Hans Krankl, auteur de trois des quatre buts de son équipe lors de cette double confrontation à sens unique (3-0, 1-1). En huitième, les choses se corsent un peu plus pour les Catalans opposés au tenant du titre Anderlecht. A l'aller, les Belges se montrent intraitables au Parc Astrid et corrigent les hommes de Joaquim Rifé. Le score est sans appel (3-0). Au retour, les Blaugranas réussissent à renverser la vapeur au Camp Nou et se qualifient aux tirs au but (4-1). Après Anderlecht, Barcelone affronte Ipswich Town en quart. Les Anglais remportent la première manche à Portman Road (2-1). Dans son stade, quinze jours plus tard, Migueli marque l'unique but de la rencontre et offre la qualification à son équipe (1-0). En demi-finale, le Barça est à nouveau opposé à une équipe belge, en l'occurrence Beveren. Rexach à l'aller et l'inévitable Krankl au retour en Belgique valident le ticket de leur équipe pour la finale (1-0, 1-0).
Le parcours des Allemands est plus chaotique. En seizième, après une victoire à l'extérieur contre les Roumains de Universitea Craiova (4-3), Düsseldorf se contente d'un nul au retour à domicile (1-1). Au tour suivant, l'équipe allemande reçoit d'abord et étrille Aberdeen (3-0) avant de trembler en Ecosse (0-2). Düsseldorf est encore à la peine en quart contre le Servette de Genève. Un nul à domicile (0-0) et encore un score de parité en Suisse (1-1), les Allemands doivent leur qualification grâce au but marqué à l'extérieur. Qu'importe, Fortuna est en demi-finale et reçoit (encore) Banik Ostrava. Sur sa pelouse, Düsseldorf enlève la première manche (3-1) et résiste, à l'extérieur, aux attaques tchèques. Banik Ostrava remporte un succès insuffisant (2-1) et laisse son adversaire rejoindre Barcelone en finale.


Et quelle apothéose ! C'est un feu d'artifice de buts à Bâle. C'est d'abord Sanchez qui ouvre le bal dès la quatrième minute pour le Barça. Le temps de se congratuler et voilà Düsseldorf qui revient au score grâce à Klaus Allofs (7ème). Les intentions des deux équipes sont d'aller vers l'avant. Le match est intense, le jeu s'équilibre. Barcelone rate un pénalty, mais Asensi surgit à la demi-heure de jeu pour redonner l'avantage aux Catalans. La mi-temps approche et semble s'acheminer à l'avantage du Barça lorsque Seel égalise (41ème) pour les Allemands.
La seconde période est plus âpre et tendue sur le pré. Les deux équipes veulent en découdre et jouent parfois des coudes pour lever la coupe. Zimmermann et Neeskens prennent un jaune et font monter l'intensité de la rencontre d'un cran. Dans le jeu cependant, les adversaires n'arrivent pas à se départager et on file droit vers des prolongations fatales à l'armada teutonne. 
C'est Rexach qui sonne la révolte du Barça alors que l'arbitre, Mr Palotaï, s'apprête à siffler la fin du premier quart d'heure de rab. On joue la 103ème minute, les Allemands ont les jambes coupées. Krankl, le faux-frère autrichien, en profite alors pour faire parler la poudre (110ème) et permet à son équipe de prendre le large. Mais Düsseldorf a du coeur, et des tripes, et recollent au score à cinq minutes de la fin par l'intermédiaire de Wolfgang Seel (114ème), auteur d'un doublé inutile néanmoins. Barcelone s'impose finalement et offre à ses supporters un premier trophée international. Il était temps car le Real en est déjà à six coupes d'Europe des clubs champions !

Asensi et Neeskens.

Krankl et Asensi.

Le triomphe d'Asensi.

- LE MATCH EN VIDEO -


BIO EXPRESS DEGRADABLE. Piet Keizer (1943-2017).

PIET KEIZER.
C'est la totale déprime du côté de l'Ajax. A peine remis de la disparition de son légendaire numéro 14 il y a tout juste un an, le club d'Amsterdam vient de perdre ce week-end un autre élément de son attaque de feu. Piet Keizer, capitaine à l'époque des grands succès européens de l'Ajax, est décédé subitement et laisse un grand vide dans son équipe de toujours.

Né à Amsterdam le 14 juin 1943, Piet Keizer intègre l'Ajax au début des années 60. Malgré quelques titres nationaux durant cette décennie (champion des Pays-Bas 1966, 67 et 68 et coupe en 1967), la formation au maillot à la bande rouge n'est pas encore ce monstre hybride qui va faire régner la terreur sur les prés de l'Europe entière. Après une première expérience malheureuse en finale de la coupe d'Europe des clubs champions contre l'A.C Milan à Madrid en 1969 (défaite 4 à 1), Piet Keizer et l'Ajax dominent la compétition à l'entrée des seventies. C'est l'époque des cheveux longs, l'avènement de Johan Cruyff et des méthodes progressistes entamées par Rinus Michels puis relayées par Stefan Kovacs. Avec l'explosion du football total, l'Ajax torpille ses adversaires et rafle tout sur son passage. Piet Keizer truste alors les titres internationaux et réalise un triplé en C.1 (1971, 72 et 73) sans oublier la coupe intercontinentale (contre Independiente, 1972) et la supercoupe d'Europe aux dépens des Rangers (3-1/3-2, 1972) et du Milan A.C (0-1/6-0, 1973). La déculottée au stade Olympique d'Amsterdam face aux Rossoneri marque cependant le déclin de l'Ajax. Piet Keizer, en désaccord avec le nouvel entraîneur Hans Kraay, quitte le club en octobre 1974 après 490 matchs au compteur et encore quelques trophées à son actif (champion des Pays-Bas 1970, 72 et 73 et coupe 1970, 71 et 72). Il met alors un terme à sa carrière sur un regret, presque éternel.

En effet, quelques semaines auparavant, les Pays-Bas s'inclinent en finale de la coupe du Monde 74 contre les faux cousins germains (1-2). Mais Piet Keizer (34 sélections), peut-être estimé trop vieux pour la compétition - il a alors dépassé la trentaine - n'est pas titulaire pour la compétition et se contente d'une unique apparition contre la Suède (0-0) lors du premier tour. Oranje amère et désillusions. Petrus Johannes Keizer n'a pas atteint le toit du monde. C'est chose faîte en ce funeste 10 février 2017, un peu trop tard peut-être pour connaître une forme de consécration.

Piet Keizer contre l'OM (1971).